Le climat bouge : et nous ?

Vendredi 18 octobre 2019, nous avons tenté de retransmettre la conférence-débat « Le climat bouge… et nous ? » qui se tenait au lycée Mermoz de Montpellier et qui était organisée par la délégation académique à la vie lycéenne et collégienne et la mission EDD du Rectorat de Montpellier.

Il s’agissait d’offrir aux lycéens et lycéennes du lycée Jean Lurçat, mais également aux équipes éducatives qui les accompagnent, un espace d’information, d’analyse et d’expression sur les connaissances et les enjeux scientifiques et sociétaux autour du climat. L’enjeu était aussi de susciter l’envie, la participation et de donner des pistes d’actions, afin que chaque lycée puisse devenir un lieu d’expériences effectives et d'actions en faveur de la transition écologique.

Pour des raisons techniques, la conférence n’a pas pu être retransmise dans les conditions optimales nécessaires, c’est pourquoi l’équipe éducative a décidé de lancer le débat entre les lycéens présents.

Nous tenons à présenter nos excuses aux lycéens et aux professeurs qui avaient des attentes précises quant au contenu de la conférence mais nous nous engageons à mettre tout en œuvre pour apporter des solutions à ce type d’incident et de proposer des éléments de réponse aux élèves. Des conférences et d’autres événements avec la présence des intervenants au lycée vous seront très prochainement proposés.

Un débat passionné

Nous avons demandé aux élèves de se répartir dans la salle sans respecter forcément les classes, globalement cette consigne a été respectée même si nous avons pu observer quelques noyaux durs.

L’idée était de favoriser les échanges et les questionnements. Nous avons tous été favorablement saisis par le besoin d’échanger des opinions sur le changement climatique, très vite le débat s’est orienté sur la question du comportement de consommation à adopter.

Les élèves ont pu s’exprimer librement, nous avons vu émerger des clans déterminés et au départ en véritable opposition frontale.

Une jeune fille très engagée a voulu très vite prendre la parole sur la nécessité d’arrêter de consommer des « marques », de manger moins de viande et donc d’adopter rapidement un comportement responsable pour la préservation des espèces. Son intervention a été rapidement relayée par d’autres élèves qui partageaient son opinion.

Dans l’assemblée plusieurs groupes n’étaient visiblement pas de cet avis, un élève au premier rang souffle « on ne va pas retourner à la vie de la savane ! ».

Cette réflexion a suscité rapidement des commentaires, opposant un groupe qui prônait un comportement « écologique » à un groupe qui exprimait l’incompréhension de devoir payer pour les erreurs de leurs aînés. Des élèves sont venus revendiquer leur droit à la parole, opposant leur liberté de choix notamment vestimentaire aux injonctions de consommation vertueuse.

Un élève du groupe a priori adverse, a rétorqué qu’il ne s’agissait pas de liberté mais d’influence.

Vraisemblablement saisi par l’opposition de ces deux clans, une élève a souhaité s’exprimer sur leur relative hypocrisie. Le fait de se laver les dents avec un dentifrice fait maison, de ne pas manger de viande, correspondait pour elle aussi à un comportement sous influence, pour s’intégrer dans un groupe.

Elle témoigne du fait que même si elle mange de la viande et si elle achète parfois des marques, les faits qu’elle ne fume pas et qu’elle vienne à pied tous les jours au lycée, faisaient peut-être d’elle quelqu’un de plus responsable de la préservation de la planète qu’une personne se présentant comme « écolo » mais qui n’adopterait pas tous ces comportements.

Le micro étant sur fil, les élèves voulant prendre la parole se sont organisés pour faire la queue les uns après les autres, permettant à chacun de s’exprimer et aux autres d’être à l’écoute.

Une expérience à renouveler

Les professeurs aussi ont apprécié ces échanges, ils ont d’ailleurs aussi été pris à partie, en effet un élève a réclamé plus d’informations, plus de cours sur les solutions à apporter.

Nous leur avons alors proposé d’être tous acteurs en fonction de leur possibilité et de leur demande au Projet Ecolurçat.

Avec deux objectifs principaux :

Les accompagner dans leur recherche d’informations afin qu’ils se forment leur propre opinion de manière éclairée.

Les guider dans la mise en œuvre d’actions ou de participation à des projets proposés dans le cadre du projet Ecolurçat.

Nous avons conclu, peu avant midi, sur la nécessité de favoriser d’autres débats entre les classes, l’assemblée des lycéens présents a confirmé.

Et je terminerai par le témoignage d’un collègue M. Taïbi professeur d’économi-droit :

« Après un début compliqué, les élèves se posaient beaucoup de questions sur sujet, puis au moment des débats les élèves se sont montrés très actifs. Il n’y avait pas d’importantes divergences d’opinion, mais des analyses différentes. D’ailleurs, même en ayant un public d’élèves venant de filières générale et professionnelle, pour la plupart, ils ont montré une sensibilité au changement climatique. Ce temps d’échange entre les élèves traduit un réel besoin d’échanger et de débattre sur le changement climatique. Les retours de certains élèves ont été positifs, cela a été pour eux une expérience enrichissante. Donc, une expérience à renouveler. »

Aurore Avoinne

Projet ECOlurçat